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Psychologie - Sociologie
« Ce n'est qu'un nom sur une liste, mais c'est mon cimetière. »
Traumas, deuils et transmission, soixante ans plus tard, chez les enfants
juifs cachés en France pendant l'Occupation.
Par Yoram MOUCHENIK
Préfaces de Boris Cyrulnik et Marie Rose Moro
La Pensée Sauvage Éd., Grenoble
« À partir du moment où nous sommes revenus à la maison, en 1945, jusqu'à
la libération des camps, on y croyait encore. On attendait maman, on
écoutait les listes à la radio. Papa allait à Paris pour voir devant
l'hôtel
Lutétia les listes qui étaient affichées...
Pendant des années, je ne pouvais pas parler. J'assistais aux
manifestations, mais je ne témoignais pas, je ne parlais de rien. J'en
étais absolument incapable, j'étouffais, je pleurais. »
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Ce livre décrit le cheminement contemporain d'un groupe spécifique
d'enfants
juifs, orphelins de la Shoah, qui ont survécu au génocide, cachés et
traqués. Soixante ans plus tard, la communauté de destin de leurs parents
déportés par le même convoi, partis de France pour Auschwitz en 1942, sera
le lien pour la création d'une association. Les récits des uns et des
autres
permettent de percevoir les multiples itinéraires où chacun avait encore à
élaborer les traumas d'une enfance saccagée. Mais au-delà des douleurs, cet
ouvrage, dans son approche originale, explore les dynamiques personnelles
et
collectives, étayées par le groupe, qui transforment les anciens « enfants
cachés » en passeurs de mémoire et d'histoire pour ne pas les figer comme
le
dernier maillon d'une chaîne brisée.
Yoram Mouchenik est psychologue-psychothérapeute, Docteur en anthropologie,
chargé de cours à l'Université Paris 13 et consultant pour Médecins Sans
Frontières. A propos de son dernier ouvrage, « Ce n'est qu'un nom sur une liste, mais c'est mon cimetière », il insiste sur le fait que « ce livre n'est pas une succession de témoignages bruts comme c'est le
plus souvent le cas, mais une mise en récits de différents parcours, en
soulignant les aspects les plus contemporains de ce qui est devenu un
phénomène de société. Il offre donc un regard sociologique et psychologique.
Les processus qu'il décrit nous renseignent aussi sur des situations de violence
collective et de génocides plus récentes, comme celles qui se produisirent au Cambodge ou au Rwanda. »
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