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Hommage à Emile Niederman et à ses camarades![]() |
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![]() L'arrivée à Paris ![]() Hélène arriva en France en 1924, quelques années après la guerre. Naturellement à Paris aussi on en voyait encore les traces, et la ville lui fit une impression assez triste. Geza, son futur mari, se trouvait déjà à Paris quand Hélène arriva. Geza Niederman était d'origine hongroise. Il était né à Munkacs le 16 mai 1893. Il était venu à Paris en 1910 parce qu'il exerçait le métier de joaillier et voulait se perfectionner dans ce domaine. Il se plaisait beaucoup à Paris et voulait y rester. Ce n'etait pas une difficulté à l'époque. Il avait tout de suite trouvé un emploi dans un atelier. Il voulait travailler à Paris parce que Paris était célèbre pour la perfection de sa joaillerie, la plus prestigieuse du monde. Geza était un très bon joaillier, de l'avis d'Hélène. Quand la guerre éclata, il fut considéré en France comme un ennemi, de même que tous les ressortissants de l'Autriche-Hongrie, car c'était l'Autriche-Hongrie qui avait déclaré la guerre aux côtés de son allié allemand. Geza fut interné en Corse. Les conditions d'internement n'étaient pas les mêmes que pendant la Deuxième Guerre. D'après les souvenirs d'Hélène, Geza et les autres prisonniers étaient rassemblés dans un couvent. Dans ce couvent Geza rencontra un homme qui était ami avec Alexandre, le père d'Hélène. Lorsque la guerre fut terminée, cet homme demanda à Geza, qui s'apprêtait à se rendre visite à sa mère en Autriche-Hongrie, de s'arrêter à Vienne pour apporter un paquet à son ami Alexandre Krausz. Geza accepta car il devait de toute façon traverser Vienne pour se rendre chez sa mère. C'est ainsi que Geza fit connaissance d'Alexandre et de sa fille Ilona, Hélène. Il travailla même quelque temps dans l'atelier d'Alexandre, puis regagna Paris. |
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Après la guerre, le père d'Hélène envoya sa fille, joaillière, se perfectionner à Paris dans le travail des perles auprès d'un de ses amis, marchand de perles reconnu. Ce marchand engagea tout de suite Hélène comme stagiaire dans son atelier de la rue La Fayette. Elle y apprit le métier d'enfileuse et d'experte en perles. Hélène aime à expliquer combien cette expérience fut enrichissante : à cette époque en effet, les perles de culture n'étaient pas encore vulgarisées. Il fallait donc pêcher les perles fines en pleine mer, dans leur environnement naturel. De ce fait, l'atelier de la rue La Fayette recevait en permanence des gens arrivant des quatre coins du monde : l'Inde, l'Amérique du sud... Tous ces voyageurs apportaient des sacs de perles en vrac que les experts devaient ensuite trier selon leur qualité. Hélène s'y plaisait beaucoup et y passa quelques mois, jusqu'à ce que Geza, qu'elle avait retrouvé à Paris, demande sa main. |
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Voici comment les choses se passèrent : Hélène rentra à Vienne, accompagnée de Geza qui y demanda sa main à ses parents. Geza regagna ensuite Paris pour y chercher un appartement. Il en trouva un au 37 bld Saint Martin, dans le 3ème arrondissement de Paris. L'appartement une fois trouvé, Geza envoya un télégramme au père d'Hélène pour lui dire qu'il pouvait venir avec sa fille. Il avait également fait toutes les démarches à la mairie : les deux jeunes gens pouvaient se marier.
C'est ce qu'ils firent à la mairie du 9ème arrondissement, rue Drouot, après quoi on déjeuna au Café des Anglais, au coin de la rue Drouot et des Grands Boulevards, pour fêter l'événement. |
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La porte Saint Martin, vue des grands boulevards, début du XXème siècle |
A la fin de la Première Guerre Mondiale, la Hongrie, l'Autriche et tous les autres pays de l'Empire austro-hongrois étaient devenus des États intépendants. A Vienne, désormais capitale de l'Autriche, la famille d'Hélène, d'origine hongroise, avait dû choisir : rester hongroise ou devenir autrichienne. Le père d'Hélène choisit la nationalité autrichienne puisque la famille avait fait toute sa vie en Autriche, et que ses enfants avaient grandi à Vienne. Puis par son mariage, comme le pays d'où venait son mari était devenu la Tchécoslovaquie, Hélène était ensuite devenue tchécoslovaque. Émigrer à Paris n'avait posé aucun problème. Les autorités françaises acceptaient sans difficulté la venue d'étrangers. Cependant, après son mariage, Hélène demanda la naturalisation française. En effet, en 1925 et 1927, Geza et elle avaient eu deux garçons, Robert et Emile, nés en France. De ce fait, elle pouvait obtenir facilement la nationalité française. Mais les formalités prenaient tout de même du temps, et la guerre les ayant interrompues, ce n'est qu'après la guerre qu'Hélène devint française. |
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