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Littérature
« Je garde son visage écrit par la lumière »
Etude littéraire sur Un arbre en Israël de Gilbert Martal
« J'écris sans importance et j'écris l'absence,
on n'écrit jamais rien d'autre. »
« Ce qui va de soi, le fait d'exister, m'étonna doublement comme un privilège, une chance improbable à la loterie de l'être, un vertige extatique qu'il n'y ait pas seulement rien. »
Gilbert Martal, Un arbre en Israël
« Je ne sais pas si je n'ai rien à dire, je sais que je ne dis rien ; je ne sais pas si ce que j'aurais à dire n'est pas dit parce qu'il est l'indicible (l'indicible n'est pas tapi dans l'écriture, il est ce qui l'a bien avant déclenchée) ; je sais que ce que je dis est blanc, est neutre, est signe une fois pour toutes d'un anéantissement une fois pour toutes.
C'est cela que je dis, c'est cela que j'écris et c'est cela seulement qui se trouve dans les mots que je trace, et dans les lignes que ces mots dessinent, et entre ces lignes [...]. »
« je ne retrouverai jamais, dans mon ressassement même, que l'ultime reflet d'une parole absente à l'écriture, le scandale de leur silence et de mon silence : je n'écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n'écris pas pour dire que je n'ai rien à dire. J'écris : j'écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j'ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leur corps ; j'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture : leur souvenir est mort à l'écriture l'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie »
Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance
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